Un cabinet photographique à “Des Histoires”

Un cabinet photographique à eu le plaisir de participer au festival “Des Histoires” organisé par Comptoir du Doc du au.
L’équipe à présenté plusieurs projets:

-Photographies de couverture photos et vidéos de Mehdi Boubeker
L’Étonnant Voyage Haïkus et sténopés par les poètes du cabinet photographique.
Portraits Voyageurs Travail plastique & photo de Neven Denis, Marine Le Nours & Maud Pelletier.
Blues Portrait Cyanotype de François Lepage et Pascal Lesage.

Projection du film issu de la marche l’Étonnant Voyage réalisé par Tatiana

La clôture du festival c’est fini avec le Studio Mobile, La Sténopette à Roulette, quelques boites (sténopés) et l’insoleuse pour tirer les négatifs en cyanotype.

Merci à toutes l’équipe de Comptoir du Doc, le LAP, Anime et Tisse, Les becs verseurs, Les films du macadam, Keur Eskemm.
Merci à Lætitia et Mehdi.

Les poètes du Cabinet Photographique

La poésie de cabinet… après celle du garage !

D’où est donc venue cette idée saugrenue de faire des ateliers poésie réunissant des personnes exilées et des Français en situation de précarité ? La poésie, nourriture terrestre ?

En 2018, l’association « Un toit c’est un droit » se lançait dans une collaboration avec la Maison de la poésie de Rennes, objectif : cesser de parler systématiquement à la place de et offrir un espace d’expression poétique à des migrants en situation de grande précarité. Les ateliers se déroulaient dans le garage d’une maison prêtée à l’association. C’est donc dans une pièce sans fenêtre (le reste de la maison étant plein comme un œuf !), au milieu de piles de matelas, que nos écrivains ont commencé à sévir. Tout le monde se prenant au jeu, plusieurs  textes furent écrits collectivement et présentés sous forme d’enregistrements à l’inauguration du Printemps des Poètes.

Cette maison se trouvait en lisière du quartier de Maurepas. Les voisins ont fait connaissance, ils se sont invités les uns les autres, ont réalisé des activités, des sorties en commun. De véritables amitiés sont nées… et beaucoup de préjugés sont tombés ! Pourquoi ne pas se mélanger davantage ? Lorsque les ateliers poésie ont repris, il n’était plus question de « Français » ou « d’étrangers » : juste d’êtres humains partageant une même solidarité, une même colère aussi parfois, et surtout la volonté de mêler leurs voix.

C’est le Cabinet photographique de Maurepas qui, chaque samedi matin, nous a offert la possibilité de nous retrouver : un samedi photo, un samedi poésie. Ce sont ces textes et ces photos qui ont été portés par l’Étonnant Voyage, marche pour les droits fondamentaux, jusqu’au festival littéraire Étonnants Voyageurs en 2019. Les ateliers se sont poursuivis et, même si la crise sanitaire du virus nous a empêchés de renouveler  l’expérience en 2020, nul doute que c’est reparti pour 2021 !

Qui, mieux que ces « poètes précaires » pourrait exprimer ce que représente pour eux la poésie et cette expérience de création commune d’une année ?

Parole d’auteurs :

Faire de la poésie ce n’est pas un simple plaisir, ces textes nous permettent de communiquer avec le monde, de nous battre, de résister à tout ce qu’on vit. C’est aussi une manière de raconter toutes les difficultés que nous avons vécues sur nos routes ou à l’arrivée dans différents pays que nous avons traversés, d’extérioriser nos maux (nos tristesses, nos larmes, nos inquiétudes).

Ça me permet d’évacuer la colère et la violence qui sont en moi. Pour que les gens m’écoutent, aussi.

Ça me permet de me prononcer contre l’imposture des imposteurs qui ne donnent pas la parole aux opprimés, d’exprimer mes ressentis, d’échanger avec les autres pour bâtir un meilleur futur et bannir les barrières d’inégalités et toutes les séparations entre les peuples.

La poésie pour moi est avant tout une passion. Mais aussi une arme, c’est une manière pour moi d’exprimer mes peines et mes joies, ça me permet de m’extérioriser et en même temps d’exprimer la souffrance des autres, le mal-être des autres. La poésie me libère.

Ces textes m’apportent une liberté morale, une joie, un espoir dans le futur.

Ça me permet de dialoguer avec les autres personnes avec lesquelles je partage les mêmes problèmes, pour essayer, ensemble, de chercher des solutions communes et favoriser le vivre-ensemble. 

Rompre la solitude, reprendre confiance en moi, même me booster. Apprendre à réfléchir avec les autres personnes aux problèmes qui font fléchir la société et trouver ensemble des solutions, avoir le retour des autres pour m’améliorer.

Rencontrer ce groupe, est un pouce de boost. Ça me replonge dans cette inspiration, ça me donne la force de reprendre ma plume que j’avais quelque peu abandonnée, de rencontrer des personnes nouvelles qui ont la même vision que moi, pour partager avec eux ce que je pense, ce que j’écris. Enfin je me retrouve en famille ».